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Eau potable : Nîmes n’en finit pas de perdre les eaux !

Sur 100 litres d’eau produits et envoyés dans les canalisations, seulement 60 arrivent jusqu’aux robinets des Nîmois. Les autres partent en fuites, ruptures, évaporation… A certaines encablures de la ville, les pertes atteignent même 50 % à 60 % de la production d’eau potable. L’information a été révélée pour la première fois par le Journal du Dimanche, en 2009. L’hebdomadaire s’appuyait sur le rapport annuel des collectivités sur le service public de l’eau potable. Le Chef-lieu du Gard occupait alors, la dernière place du classement sur 57 grandes villes françaises.
Nîmes reste le mauvais élève de la classe
Deux ans plus tard, 60 millions de consommateurs, fait le même constat « La fatalité a bon dos, puisque des villes comme Paris, Toulouse ou Rennes affichent des taux de perte ne dépassant pas 5 % quand d’autres, comme Nîmes, grimpent à 40 %. Localement, on constate même des pertes dépassant 50, voire 60 % »
A l’exemple des autres agglomérations qui connaissent ces problèmes de fuite gigantesque, la principale raison qui explique leur provenance relève de la vétusté des canalisations. 30 % d’entre elles ont plus de cinquante ans, et 75 % plus de quarante. Jacques Bollègue, ingénieur des travaux publics, vice-président de la communauté d’agglomération de Nîmes Métropole, et maire de La Calmette, mettait en avant un cas de force majeure « Notre réseau a été fortement endommagé par la catastrophe naturelle de 1988 »
Une politique de grands travaux a pourtant été instituée par Nîmes Métropole, dans le cadre d’un schéma directeur, qui vise à réaliser des travaux de modernisation des stations d’épuration et des réseaux. L’un des objectifs poursuivi par cette politique d’assainissement, se décline concrètement en la réduction des pertes d’eau des réseaux, par la mise en œuvre d'un programme ambitieux de renouvellement des conduites et branchements. L’objectif à moyen terme est de parvenir à 25 % de pertes d’ici 2015.

Une politique d’assainissement inefficace
Il n’est pas question de mettre en doute la volonté des autorités politiques de l’agglomération de mettre fin à ce désastre environnemental, pour respecter la réglementation prévue par la loi du 12 juillet 2010 « dite » Grenelle 2.
Force est de constater que les résultats restent catastrophiques et surtout ne connaissent pas d’amélioration. Les actions concrètes menées par Nîmes Métropole comme la pose des compteurs modernes, capables d’évaluer les débits quartier par quartier, dans les 27 communes de l’agglomération, les relevés effectués en pleine nuit quand la consommation devrait être nulle, et dans le cas contraire, c’est la preuve de l’existence d’une fuite. L’agglomération a également signé un accord-cadre avec l’Agence de l’eau. Elle s’engage à réduire les prélèvements dans le milieu naturel, et recevra une subvention pour financer la recherche des tuyaux et joints défectueux.
Le désastre écologique entraîne aussi des conséquences économiques, le gaspillage devant souvent être assumé par les consommateurs. La métropole nîmoise a choisi d’assumer intégralement les 18 millions d’euros par an du coût des programmes, sans augmentation du prix moyen de l’eau. Avec 5 % de pertes, Paris et ses galeries souterraines, est le maillon fort du classement. Le prix moyen de l’eau s’élève à 2,83 €/ m3 dans la capitale, contre 2,94 €/ m3 pour Nîmes. Au vu de la disparité de gaspillage entre les deux villes, la cité gardoise s’en tire bien au niveau du prix. La collectivité assume bien les coûts du gaspillage, mais le désastre écologique, lui, se poursuit.
Aristide Mamilo |