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Légende urbaine

Diableries au Pont du Gard


L'article de la revue Némausa parue en 1833 et traduite par la suite par Mr Maruejols nous éclaire quant à une légende urbaine qui relate les bizarreries de la construction du Pont du Gard.

 


Une histoire d'amour 
Il était une fois, un jeune homme beau et riche éperdument amoureux d'une belle et jeune nîmoise, fille d'un riche notable.
Afin qu'il lui prouve la grandeur de son amour, la bien-aimée lui confie une épreuve colossale : Ramener les eaux de la source Eure, près d'Uzès à la fontaine de Nîmes. Cela n'effraie nullement le jeune-homme, qui voit dans cette épreuve l'occasion de passer la bague au doigt à sa dulcinée.

Les travaux
Réunissant tous les ouvriers de la région, les travaux commencent sous de bons auspices; en peu de temps, un canal reliant les eaux du Gardon à Nîmes est édifié. Il reste cependant un élément majeur pour finaliser cette œuvre : le pont qui doit porter le canal d'une montagne à l'autre par-dessus le Gardon. Cependant, une étrange malédiction semble freiner la construction : une crue inattendue disperse les gigantesques blocs de pierres que les ouvriers avaient arrachés à la montagne.
Le beau jeune-homme s'acharne, mais une fois de plus, les eaux en furie emportent au loin le dur labeur des travailleurs...il est dit que vingt fois de suite cet étrange phénomène se reproduisit.
Acharnement du sort : un ouragan dévastateur soulève les roches à la dernière tentative.

Rencontre avec le diable
Découragés, les ouvriers et le jeune-homme pensent renoncer, lorsqu'un étranger passe par là.
Intuitivement, ils reconnaissent en lui le diable, avec raison, puisque ce vieillard leur propose un étrange marché : « Eh ! bonnes gens, pourquoi vous donner tant de peine ? Si vous voulez, je vais vous construire votre pont ; mais à une condition, c'est que le premier qui y passera m'appartiendra. ».
A défaut d'autres solutions, le jeune-homme accepte le pacte, et soudainement un pont majestueux s'érige sous les yeux médusés des ouvriers.

Comment l'on s 'est  joué du diable
Les travailleurs terrorisés reculent, lorsque le jeune-homme s'exclame « N'ayez crainte, je vais vous montrer comment on trompe le diable ». Il s'empare alors d'un lièvre et le lâche sur le pont. L'animal terrifié court et rejoint l'extrémité du pont, il finit par tomber dans les bras du diable qui attend sa proie. Le marché est donc honoré, mais le diable fou de colère jette avec fureur le lièvre sur l'aqueduc. La marque est encore visible de nos jours sur un pilier de la troisième arche du second niveau, côté aval, en partant de la rive droite.
Quant à nos amoureux,  il est dit que malgré cet exploit, la belle nîmoise s'enferma dans un couvent au grand désespoir du jeune-homme.



Mise à jour le Mardi, 24 Janvier 2012 11:03
 

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